
Assafir24 – Nizar Ghennem
Le symbolisme est frappant. Le président Biden et ses homologues du G7 ont rencontré en privé un survivant, visité un musée, déposé des gerbes au Mémorial de la paix d’Hiroshima et planté un arbre. Le président a fixé solennellement le cénotaphe des victimes de la bombe atomique pendant que le maire de la ville décrivait le monument. Mais Biden n’a fait aucun commentaire sur ce qu’il a vu, et encore moins sur les excuses que certains Japonais souhaitent toujours que les États-Unis leur présentent.
La visite de Biden intervient à un moment charnière de l’ère atomique, où la « perspective d’Armageddon » n’a jamais été aussi forte depuis la crise des missiles de Cuba en 1962. Le président russe Vladimir Poutine a laissé entendre de manière inquiétante qu’il pourrait encore déclencher des armes nucléaires pour sauver son invasion de l’Ukraine. Et plutôt que de s’éloigner du type de destruction représenté par Hiroshima, le monde voit de plus en plus d’armes de ce type être construites et de moins en moins de contraintes imposées à leur diffusion.
Hiroshima a depuis longtemps été reconstruite pour devenir une ville dynamique de 1,2 million d’habitants et un centre manufacturier connu pour ses industries lourdes, telles que l’automobile, l’acier et la construction navale. Les zones commerciales animées et les parcs verdoyants et arborés ne laissent que peu de traces de l’héritage de la mort. L’avancée du temps a laissé moins « d’hibakusha », ou de survivants de la bombe atomique.
Le sommet du G7 de cette année se focalisera sans surprise sur la guerre en Ukraine. L’attention portée à la guerre en Europe intervient quelques jours seulement après le voyage éclair du Président Ukrainien Volodymyr Zelenskyy pour rencontrer de nombreux dirigeants du Groupe des Sept. Cette tournée avait pour but d’accroître le stock d’armes de son pays et d’obtenir un soutien politique avant une contre-offensive largement anticipée visant à reprendre les terres occupées par les forces de Moscou.
Les dirigeants du G7 se préparent également à l’éventualité d’un nouveau conflit en Asie, à mesure que les relations avec la Chine se détériorent. Ils sont de plus en plus préoccupés, entre autres, par ce qu’ils considèrent comme une affirmation croissante de Pékin et craignent que la Chine ne tente de s’emparer de Taïwan par la force, déclenchant ainsi un conflit plus large. La Chine revendique l’autonomie de l’île et envoie régulièrement des navires et des avions de guerre à proximité.
Le premier ministre japonais, Fumio Kishida, espère enfin souligner les risques de prolifération nucléaire lors de la réunion à Hiroshima, site du premier bombardement atomique au monde.



